Certifications RNCP et RS : l'état du répertoire en 2026
Au 2 octobre 2026, 6 470 certifications professionnelles sont actives en France : 5 012 au RNCP (Répertoire national des certifications professionnelles) et 1 458 au RS (Répertoire spécifique). Les titres de niveau 6 et 7 représentent six fiches RNCP sur dix, les services dominent les domaines, et 1 892 fiches arrivent à échéance d'ici fin 2027. Ces chiffres décrivent l'état des fiches publiées par France Compétences en données ouvertes, lues ce jour-là avec OpenDataForma, l'outil de recherche de certifications d'Akta.
Thomas BouttefortPrésident d'AktaCombien de certifications sont actives en France ?
On compte 6 470 fiches actives au 2 octobre 2026, c’est-à-dire des certifications dont l’enregistrement court. Le catalogue de France Compétences conserve aussi 24 073 fiches échues, soit près de quatre fois plus que les fiches actives. Le stock était de 6 564 fiches actives au 31 décembre 2025 selon le rapport d’activité 2025 de France Compétences (p. 12), et il a baissé de 35 % depuis 2018.
Les deux répertoires n’ont pas le même objet. Le RNCP certifie un métier, avec un niveau de qualification et des blocs de compétences. Le RS certifie des compétences complémentaires ou des habilitations, sans niveau. Un titre RNCP ouvre l’apprentissage ; une certification RS se finance surtout par le CPF (compte personnel de formation), dans la limite de 1 500 € depuis le 26 février 2026 (service-public.fr).
Comment les titres RNCP se répartissent-ils par niveau ?
Les niveaux 6 et 7 dominent. Sur 5 012 fiches RNCP actives, 1 782 sont de niveau 7 (bac + 5), 1 210 de niveau 6 (bac + 3 ou 4), 670 de niveau 5 (bac + 2), 755 de niveau 4 (bac) et 594 de niveau 3 (CAP). Une seule fiche active est de niveau 8.
Les niveaux 6 et 7 réunissent ainsi 2 992 fiches, soit 60 % du RNCP. Cette concentration s’explique en partie par les diplômes de l’enseignement supérieur, enregistrés de droit : le ministère de l’Enseignement supérieur est le premier certificateur, avec 1 773 fiches actives. Pour un organisme privé, elle signifie une concurrence forte sur les titres de niveau 6 et 7, et un coût d’apprentissage plus élevé pour l’employeur, qui verse 750 € par contrat à partir du niveau 6 (décret n° 2025-585 du 27 juin 2025).
Dans quels domaines se concentrent les certifications ?
Les domaines technico-professionnels des services arrivent largement en tête, avec 4 224 rattachements, devant ceux de la production (2 367), les domaines disciplinaires (1 126) et le développement personnel (34). Une fiche peut relever de plusieurs domaines de la NSF (nomenclature des spécialités de formation) : ces comptes ne s’additionnent pas en nombre de fiches.
Côté métiers, les codes ROME (répertoire des métiers de France Travail) les plus portés par les fiches actives sont ceux d’ingénieur R&D en industrie (621 fiches), de développeur informatique (431), de responsable en organisation (349) et d’ingénieur de production (343). Un métier très certifié reste ouvert à un nouveau titre, à condition de montrer en quoi celui-ci se distingue des certifications existantes : c’est l’un des critères d’enregistrement, qui compare l’impact sur l’emploi aux certifications visant des métiers similaires (article R. 6113-9 du code du travail).
Par quelles voies peut-on accéder à ces certifications ?
La formation continue est la voie la plus ouverte : 4 165 fiches actives la prévoient. Suivent la VAE (validation des acquis de l’expérience, 3 842 fiches), le contrat de professionnalisation (3 146), l’apprentissage (2 976), la formation initiale (2 846) et la candidature individuelle (893). Une même fiche ouvre généralement plusieurs voies.
Ces chiffres rappellent une obligation : l’accès par la VAE est un critère d’enregistrement au RNCP (critère 6 de l’article R. 6113-9). Un dossier qui ne prévoit pas cette voie, ou qui lui impose des conditions propres aux apprenants en formation, sera interrogé par l’instructeur. Pour un organisme, l’ouverture à l’apprentissage reste la voie la plus structurante financièrement, puisqu’elle mobilise les niveaux de prise en charge des OPCO (opérateurs de compétences).
Qui sont les principaux certificateurs ?
Les certificateurs publics dominent par le volume. Le ministère de l’Enseignement supérieur porte 1 773 fiches actives, le ministère de l’Éducation nationale 341, l’université de Lorraine 273, le ministère du Travail 271 et l’université de Lille 270. Au 31 décembre 2025, 2 939 des 5 074 fiches RNCP actives étaient au nom de l’État (rapport d’activité 2025, p. 12).
Le reste du répertoire est très dispersé : environ 5 500 organismes figurent comme certificateurs actifs dans les fiches publiées, et plus de 20 000 organismes sont habilités par un certificateur à préparer ou à évaluer au moins une certification active. Le modèle du réseau de partenaires habilités pèse donc lourd dans le marché, et il est désormais encadré par le code du travail (articles R. 6113-16-1 à R. 6113-16-6, issus du décret n° 2025-500 du 6 juin 2025).
Combien de certifications sont enregistrées chaque année ?
Parmi les fiches encore actives, 1 248 ont été enregistrées en 2025, 1 078 en 2024 et 860 en 2023. Depuis le 1er janvier 2026, 547 nouvelles fiches sont actives. Ces comptes incluent les diplômes de l’État et ne retiennent que les fiches encore en vigueur. Ils sous-estiment donc les créations des années les plus anciennes, dont une partie est déjà échue.
France Compétences a par ailleurs traité 2 584 demandes d’enregistrement en 2025, avec 68 % de décisions favorables au RNCP et 32,9 % au RS (rapport d’activité 2025, p. 32). L’écart entre ces deux taux se maintient depuis au moins 2023 : le RS demande un dossier plus léger, mais il est plus sélectif à l’instruction.
Combien de certifications arrivent à échéance ?
Au 2 octobre 2026, 458 fiches actives arrivent à échéance d’ici fin 2026, 1 434 en 2027, 1 620 en 2028, 1 504 en 2029 et 847 en 2030. Ces comptes réunissent RNCP et RS et incluent les diplômes enregistrés de droit, qui ne déposent pas de demande de renouvellement.
Une certification est enregistrée pour cinq ans au plus, et son renouvellement n’est jamais acquis : France Compétences le traite comme une nouvelle demande (Vademecum de France Compétences, fiche 33). Les certificateurs concernés ont intérêt à commencer leur dossier au plus tard un an avant l’échéance. Une fiche échue avant la décision ne peut pas être prolongée : les nouvelles inscriptions ne peuvent plus être financées sur cette base, et seuls les candidats entrés en formation avant l’échéance, ou dont la VAE a été jugée recevable, restent protégés (article L. 6113-9 du code du travail).
Pour explorer les fiches, OpenDataForma donne accès gratuitement à l’ensemble des certifications actives.
Sources
- France Compétences, fiches RNCP et RS publiées en données ouvertes (data.gouv.fr), état au 2 octobre 2026, lues avec OpenDataForma (statistiques du catalogue et habilitations publiées).
- France Compétences, Rapport d'activité 2025, juillet 2026, p. 12 et 32.
- France Compétences, Vademecum relatif à la certification professionnelle, janvier 2026, fiche 33.
- Code du travail, article R. 6113-9 et article L. 6113-9, site du ministère du Travail.
- Décret n° 2025-585 du 27 juin 2025, Légifrance.
- Service-public.fr, « Quelles évolutions en 2026 pour l'utilisation du CPF ? ».
Analyse Akta, cabinet de conseil en certification professionnelle RNCP et RS.